jeudi, 04 mai 2017 23:27

Justice : 47 décisions en deux ans d’existence du Conseil Supérieur de la Magistrature

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Le Secrétaire général du Conseil Supérieur de la Magistrature a indiqué ce jeudi, au cours d’une conférence de presse que son organe a rendu 47 décisions en seulement deux ans d’existence. Ce qui est trop, comparé aux 25 décisions rendues par son homologue du Sénégal qui  est vieux de 20 ans. «On a été victime de la jeunesse », estime Amadou Sylla, Secrétaire exécutif du Conseil Supérieur de la Magistrature.

 Monsieur Sylla a signalé que ce nombre élevé de décisions émane d’une pléthore de plaintes reçues par la jeune institution. Selon lui, l’institution a été trop ouverte aux justiciables à la différence de ce qui se passe dans d’autres pays. «On a permis à tout le monde de saisir le Conseil Supérieur de la Magistrature… Nous sommes saisis très facilement par n’importe qui et pour n’importe quoi. Alors pour un oui ou un non d’un magistrat, les citoyens saisissent le Conseil», a déploré Sylla qui a dû préciser que son institution n’est pas une juridiction de second degré.Lors de sa dernière session, tenue le 21 février dernier,  le Conseil s’est penché sur 14 dossiers dont sept ont été renvoyés à une session pour raisons diverses (généralement à la demande des plaignants. Six des sept autres dossiers ont été rejetés pour impertinence. Sauf un seul cas a abouti à une sanction d’abaissement d’échelon.)

 «Le Conseil n’apprécie que les comportements des magistrats. Par exemple, les cas de corruption, manque de probité ou d’abandon de poste »,  a aussi indiqué le Secrétaire exécutif qui accuse certains avocats d’inciter leurs clients à saisir le Conseil dans l’espoir d’obtenir une décision qui pourrait influencer un jugement au second dernier.

 Amadou Sylla a également reconnu que cette vague de plaintes n’est pas seulement à la méconnaissance des justiciables. «L’autre raison, c’est qu’il y avait du laisser-faire dans la corporation », a-t-il affirmé. Avec les sanctions du Conseil, le président signale que les magistrats guinéens ont commencé à prendre conscience.

 Le Conseil Supérieur de la Magistrature croit pouvoir mettre fin aux plaintes non fondées avec le lancement de son site internet présenté ce jeudi lors de la conférence de presse. Sur ce site, le Conseil entend publier toutes les informations publiques le concernant. L’institution a aussi annoncé une campagne médiatique en langue locale pour toucher les populations illettrées. 

Lu 887 fois Dernière modification le vendredi, 05 mai 2017 13:29

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